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Les documents et éditoriaux de la Société

La Société archéologique et historique propose documents et éditoriaux sur des sujets d'actualité ou de recherche
Éditorial
(décembre 2018)
Deux années d'une première mandature, commencée au mois de mars 2017, seront bientôt passées. Elles ont été ponctuées par des conférences de la Société prononcées aux Archives départementales de Loire-Atlantique dont je salue, ici, le sens de l'accueil du directeur et de son équipe. La diversité du public montre bien qu'une société savante est un lieu de sociabilité ouvert. La spécificité de notre revue annuelle réside dans la large place qu'elle accorde au volet patrimonial et à l'actualité des services engagés avec conviction dans leurs domaines de compétence respectifs, à quelque structure qu'ils appartiennent. Si le Département y tient une place de choix, les « chroniques » sont ouvertes à l'ensemble des acteurs de ce secteur. L'histoire de l'art, l'archéologie et l'histoire de l'architecture ont trouvé, ainsi, une importance croissante – mais sans exclusive – dans nos livraisons et un écho auprès des professionnels du patrimoine. Plusieurs articles, publiés dans notre revue annuelle passée à la quadrichromie, témoignent d'avancées réelles et feront date. Je songe ici, pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, à l'article de synthèse consacré aux fortifications de Nantes dans la livraison 2018.
Cette satisfaction n'est, toutefois, pas complète : la destruction cet été d'une tour du XVe siècle à la Galissonnière, sur un terroir viticole au sud de Nantes, nous a rappelé qu'à côté des dispositions légales, ainsi que des servitudes réglementaires et administratives (lorsqu'elles existent...), la diffusion des connaissances rencontrait parfois des limites, ne pouvant obvier à une telle catastrophe. Cette situation, pour déconcertante qu'elle soit, fait que chacun doit se sentir concerné, parce que la culture est partagée. Aussi devons-nous continuer à questionner les faits, inlassablement, avec la juste distance qui sied à l'exercice de l'historien dont le rôle ne doit pas être confondu avec celui du décisionnaire.
C'est pourquoi il est temps, maintenant, de songer à un plus large accès aux connaissances par le biais de la numérisation de nos articles, ainsi qu'à l'élaboration d'une charte graphique aux fins de renforcer l'attrait de nos supports de communication. Les modalités de ces deux projets sont à définir et à mettre en œuvre pour les deux prochaines années.
Dans le cadre de l'assemblée générale du 19 janvier prochain, il sera procédé au renouvellement par tiers des membres du conseil d'administration, avant le renouvellement du bureau au printemps prochain. Je tiens à remercier celles et ceux des administrateurs qui siègent avec régularité à nos séances. Je remercie, aussi, ceux qui se sont longtemps engagés et ne sont plus en mesure de siéger aujourd'hui, soit pour cause d'éloignement géographique, soit pour des raisons de santé. C'est avec tristesse, en particulier, que la Société a appris le décès de son dévoué bibliothécaire et administrateur de longue date, Michel Roynard, qui nous a quittés au mois de novembre. Un hommage lui sera rendu dans le prochain Bulletin annuel.
Pour clore l'année 2018, nous accueillerons une conférence dont le sujet est original, puisqu'il s'agit de l'usine Kuhlmann, à Paimboeuf, dont le directeur a résisté à sa façon à l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. La prochaine assemblée générale, quant à elle, sera suivie à 15 heures d'une conférence de Christian Davy consacrée à l'église Saint-Sulpice des Landes et ses peintures murales.
Un ouvrage singulier, Archisaccuplastikophilie, égaie cette fin d'année : tirant parti de sa collection de sacs en matière plastique figurant des architectures (dont six concernent Nantes), Eric Monin a proposé à ses collègues historiens de porter un regard décalé sur le langage de ces supports publicitaires, objets de consommation éphémère. Mais que l'on ne s'y trompe pas : les signatures - dont certaines nous sont familières - garantissent le contenu de ces propos !
À chacune et chacun, je souhaite une très belle année 2019.
Solen Peron, présidente


La Dame de cœur
(mai 2018)
Il n'aura échappé à personne que ce printemps 2018 a été marqué par le vol du précieux reliquaire d'Anne de Bretagne, heureusement retrouvé avec les autres objets volés nuitamment du 13 au 14 avril, au terme d'une enquête menée avec diligence en une semaine. La crainte de la perte définitive du reliquaire, sans doute voué à la fonte, nous a maintenus dans un état d'incertitude et d'inquiétude et la Société a partagé avec le conseil départemental, auquel elle a témoigné son soutien, un grand soulagement lorsque le reliquaire a été exhumé de la terre dans laquelle il avait été enfoui près de Saint-Nazaire. Ce vol, commis par des mains indignes et des âmes à tout le moins inconscientes de la dimension de cet objet insigne et de la portée de leur geste, restera dans les annales. Il reste maintenant à élucider les circonstances de cette affaire qui constitue un épisode supplémentaire de l'histoire déjà mouvementée de ce reliquaire, pièce hautement symbolique de l'histoire régionale et nationale (voire au-delà...), objet emblématique du musée départemental auquel la Société est historiquement attachée. C'est, en effet, en 1886 que le reliquaire d'Anne de Bretagne a intégré les collections du musée archéologique, lui-même fondé en 1849 puis donné par la Société au Département en 1860.
La dimension sacrée de l'objet a laissé place à « l'objet historique d'État » avec la Révolution, puis à l’œuvre d'art, ou objet de musée, comme l'a montré l'article de Jean-François Caraës publié dans la livraison 2007 du Bulletin annuel de la Société, dont la relecture est salutaire. Il convient d'ajouter que, quoiqu'il ne soit pas un objet juridiquement protégé au titre des monuments historiques, le reliquaire est un monument au sens étymologique du terme : associé à un tombeau – celui de François II et de Marguerite de Foix –, il perpétue le souvenir d'Anne de Bretagne et, tant que tel, constitue un document-témoin du pouvoir ducal, auquel s'ajoute la dimension sacrée de la royauté. Or, les regalia, ou insignes royaux, font partie des monuments décrits au début du XVIIIe siècle, avant que le terme ne recouvre une réalité architecturale.
C'est pourquoi la Société a souhaité ouvrir le cycle 2018-2019 de ses conférences avec la somme de Jacques Santrot, Les doubles funérailles d'Anne de Bretagne, parue aux éditions Droz en 2017 et primée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l'Institut de France. Le 18 octobre prochain, la Société aura l'occasion d'adresser ses félicitations à l'auteur et d'écouter la conférence qu'il prononcera, intitulée cette fois : « Les triples funérailles d'Anne de Bretagne ».
Le cycle 2018-2019 des conférences de la Société fera ensuite la part belle aux auteurs ; ce seront autant d'occasions de découvrir leurs ouvrages et de bénéficier de séances de dédicaces. Il me semble intéressant, en effet, de permettre aux publics – j'emploie le terme au pluriel à dessein – d'avoir accès à l'actualité historiographique et de susciter un échange privilégié avec les auteurs. L'histoire de l'art sera un axe fort, mais sans exclusive : les biographies et thématiques abordées assureront la variété des propos, ainsi qu'en atteste le programme ci-joint.
Il me reste à préciser que la conférence du 17 mai prochain, avant l'été, sera consacrée à la brasserie La Cigale, foyer bien connu de la vie artistique et culturelle nantaise. Elle sera prononcée par Lucie Voisin, en lieu et place de celle de Bernard Michon, reportée au mois de novembre 2018.
La livraison 2018 du Bulletin, quant à elle, sera présentée aux Archives départementales le 20 septembre, après le congrès de Pornic (6-8 septembre) qui s'annonce sous les meilleurs auspices. Son programme, très riche, comprend deux volets : Pornic et le pays de Retz, d'une part ; Littoral et transformations paysagères, d'autre part. D'ici là, bel été à toutes et à tous !
Solen Peron, présidente


Son « cœur » volé et retrouvé : Anne de Bretagne à nouveau parmi nous
 (avril 2018)
 Après une semaine d'inquiétude, au terme d'une enquête menée avec diligence, nous avons assisté à l'heureux dénouement de l'affaire : le retour du précieux reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne et des autres objets volés, que la presse nous dits être préservés dans leur intégrité.
La société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique partage avec le conseil départemental un grand soulagement.
 La crainte de la perte définitive du reliquaire sans doute voué à la fonte, à laquelle s'ajoutaient les conjectures nous maintenaient en effet, depuis huit jours, dans un climat d'inquiétude.
Ce vol exceptionnel restera dans les annales. L'apaisement sera complet lorsque sera connu l'épilogue de cette affaire qui constitue un épisode supplémentaire de l'histoire déjà mouvementée de ce reliquaire, pièce hautement symbolique de l'histoire à l'échelle du duché breton et du royaume de France, objet emblématique du musée départemental auquel la Société est historiquement attachée.
 Cette affaire a pu renouveler l'attachement de tous à cet objet de mémoire qui nous est si familier et que nous espérons pouvoir contempler à nouveau.
Jean-François Caraës, « Un cœur pour mémoire... courte - petite histoire du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, t. 142, 2007, p. 115-122.  Lire
Depuis la parution de cet article, le statut juridique du reliquaire a été tranché : il est désormais entré définitivement dans les collections du musée Dobrée comme dépôt antérieur à 1910.
Département de Loire-Atlantique, Musée Dobrée, Le cœur d'Anne de Bretagne, SilvanaEditoriale, 2014.
Jacques Santrot, Les doubles funérailles d'Anne de Bretagne, le corps et le cœur, Genève, Droz, 2017. Prix des Antiquités de la France 2018 (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l’Institut de France).

Documents et éditoriaux passés :

Archéologie urbaine (mai 2011)

Nantes réconciliée avec l'archéologie ? (septembre 2009)

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