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Agenda

La Société archéologique et historique vous propose ses activités et celles de ses partenaires pour les mois à venir.
­Programme des conférences 2020-2021
Archives départementales, rue de Bouillé, Nantes


Jeudi 15 octobre 2020 (16 h 30)

« L’hôtel gothique nantais », par Lény CHARRIER,

docteur en histoire de l’art, université de Nantes.

À compter de 1458, le duc de Bretagne François II s’installe de manière pérenne à Nantes et poursuit l’effort de reconstruction de la cité. Cette implantation du duc, entouré de sa cour, a favorisé l’émergence d’une architecture édilitaire sous la forme d’hôtels. Cette conférence, qui condense les résultats obtenus lors de la thèse de doctorat du conférencier sur les hôtels particuliers de Nantes à la fin du Moyen Âge, s’emploiera à démontrer les caractéristiques architecturales de ces édifices afin de définir ce qu’est un hôtel nantais. Dès lors, il sera possible de montrer les influences stylistiques de ces demeures en faisant ressortir leurs traits communs et leurs particularismes tout en les mettant en perspective face aux édifices bretons et du Val-de-Loire. Cela dans le but de faire valoir les mécanismes qui ont, semble-t-il, permis à Nantes d’être la première place du duché.

Puis, à 17 h 30 :

Présentation publique du Bulletin annuel de la Société

en présence des auteurs et suivie d’un cocktail.

 

Jeudi 19 novembre 2020 (17 h 30)

« Les femmes, actrices économiques :

l’exemple du Pays nantais aux XVIe et XVIIe siècles », 

­par Nicole DUFOURNAUD,

docteure en histoire, EHESS Paris.

En 1615, paraît en France le Traité de l’économie politique écrit par Antoine de Montchrestien. Il y dresse un tableau de la société française assez chaotique entre une féodalité qui ne dit plus son nom et une modernité qu’il appelle de ses vœux. Au lendemain des guerres civiles, la société française est en pleine mutation : d’après l’auteur, elle lui semble bien trop libre, un pays sans esclave ni serf, ces catégories de travailleurs qui manqueraient alors cruellement à la France. Il prône la réquisition de la main-d’œuvre pauvre afin de développer l’économie de l’État et de lutter contre l’oisiveté des indigents. À maintes reprises, l’auteur cite les hommes en oubliant la moitié de la population française : les femmes. Quelle est la place des femmes dans l’économie française aux XVIe et XVIIe siècles ? Si une réponse quantitative n’est pas aisée, il est certain que le rôle économique des femmes est sous-estimé par les historiens et historiennes en France. Quelles soient paysannes, domestiques, marchandes, lingères, les femmes sont des actrices économiques comme les hommes. À partir d’études de cas, il est possible de rendre visible le rôle des femmes dans la société de l’Ancien régime, d’expliquer comment et pourquoi elles avaient le droit de travailler et les répercussions sociales et économiques de leurs activités.

 

Jeudi 17 décembre 2020 (17 h 30)

« Un instituteur en Loire-Inférieure : René Guy Cadou »,

par Joël BARREAU,

professeur d’histoire honoraire, CPGE lycée Clemenceau de Nantes

Mobilisé en juin 1940 puis réformé en octobre à la suite d’un accident, René-Guy Cadou, comme instituteur remplaçant de l’enseignement public, a, de poste en poste, sillonné la Loire-Inférieure pendant les années de guerre, de Mauves-sur-Loire jusqu’au château de la Forêt, au Cellier, en 1944, où sont réfugiés des enfants de Saint-Nazaire. Dans cette itinérance, deux « étapes » sont particulièrement importantes, celle de Bourgneuf-en-Retz, où il retrouve son ancien condisciple du lycée Clemenceau, Sylvain Chiffoleau, et, surtout, celle de Clisson où, le 17 juin 1943, il rencontre Hélène Laurent, qui deviendra sa femme et son inspiratrice. Devenu enfin instituteur titulaire en octobre 1945, René-Guy Cadou est affecté à l'école communale de Louisfert, dont il deviendra le directeur à la rentrée 1947. C'est dans la maison d’école de Louisfert qu’il meurt le 20 mars 1951, à 31 ans.

Samedi 16 janvier 2021 (14 h 00)

Assemblée générale

suivie d'une conférence (à 15 h 00) :

« Nantes dans l’histoire de la chanson française »,

par Alain BERGERAT,

professeur d’histoire honoraire, CPGE lycée Guist’hau de Nantes

Nantes est, après Paris, la ville de France dont le nom revient le plus souvent dans les chansons. Mais parlent-elles toutes de Nantes ? Certainement pas, le plus souvent c’est la brièveté et la sonorité du mot qui inspirent leurs auteurs. Pourtant Nantes a beaucoup d’atouts pour inspirer les chansons : le port, la Loire, l’appartenance à la Bretagne et aussi, bien sûr, son histoire. Le passé de la ville est très présent dans le répertoire traditionnel, quand la chanson tenait lieu de gazette, mais aussi dans des titres plus récents. Et le patrimoine nantais s’est également enrichi grâce à quelques œuvres majeures, le Nantes de Barbara ou les chansons des films de Jacques Demy par exemple. C’est à travers toutes ces chansons que nous pourrons nous immerger dans l’histoire de la chanson française et dans l’histoire de Nantes.

 

Jeudi 18 février 2021 (17 h 30)

« Guerre et paix en Vendée militaire (1794-1796) »,

par Anne ROLLAND-BOULESTREAU,

maîtresse de conférences HDR, université catholique de l’Ouest-Angers

Après les colonnes infernales de Turreau (hiver et printemps 1794), la Convention et le Comité de salut public nomment le général Vimeux et le chargent de mettre fin à la guerre civile. La tâche est immense : jusqu’à 95 % des maisons ont été rasées en certains endroits ; de 20 à 45 000 réfugiés vivent hors de la zone des combats ; jusqu’à 60 000 soldats républicains restent mobilisés dans l’Armée de l’Ouest alors même que les troupes vendéennes sont encore redoutables, regroupées essentiellement autour de deux chefs : Stofflet et de Charette. La population civile est traumatisée par les exactions des Républicains et s’en méfie durablement. Vimeux n’arrive pas à éteindre un conflit meurtrier qui, au total, aura provoqué la mort de 140 et 220 000 individus. L’un de ses successeurs, Canclaux, va s’y employer, non sans mal. Le processus pacificateur prend deux années, marqué par des « traités » et la reprise de la guerre. La ville de Nantes est le témoin privilégié des transactions, des fêtes où Républicains et Vendéens veulent croire à la paix, des trahisons, des combats, souvent violents et meurtriers. C’est cette histoire incertaine que nous nous efforcerons d’évoquer devant la Société archéologique de Nantes.

 

Jeudi 17 mars 2021 (17 h 30)

« Flèche ou dôme : formules alternatives à Nantes au XIXe siècle »,

par Alain DELAVAL

Nantes présente une caractéristique singulière parmi les villes de France quant à son patrimoine architectural religieux : des dix-huit églises paroissiales et des vingt-et-une chapelles conventuelles existant avant la Révolution française, il ne subsiste lors de la signature du Concordat de 1801 que quatre églises anciennes : l’antique chapelle Saint-Agapit dans le cimetière de Saint-Donatien, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, l’église Sainte-Croix, l’église Saint-Nicolas, et trois chapelles conventuelles antérieures à 1790 : l’ancienne église des Minimes, aujourd’hui chapelle Notre-Dame-de-L’Immaculée-Conception, l’ancienne chapelle de L’Oratoire, aujourd’hui affectée au Musée d’arts de Nantes, et l’ancienne chapelle des Carmélites, aujourd’hui transformée en salle de cinéma. Au XIXe siècle, en même temps que l’élimination des édifices religieux anciens se poursuit, Nantes voit s’édifier deux églises nouvelles qui illustrent le goût de l’époque pour le « néo », chacune selon une formule différente : Saint-Nicolas et Notre-Dame-de-Bon-Port. L’une, Saint-Nicolas, est considérée comme un des jalons du retour du gothique ; l’autre, Notre-Dame-de-Bon-Port, prolonge la tradition post-tridentine du baroque romain. L’une et l’autre sont bâties dans les mêmes années, sous les mêmes pouvoirs municipaux et les mêmes épiscopats. Elles sont, l’une comme l’autre, liées à l’évolution urbaine de Nantes, soit en s’adaptant aux contraintes du tissu bâti soit en constituant le point focal d’une création urbaine. Flèche ou dôme, ces deux grandes églises contemporaines signent le paysage nantais du XIXe siècle et représentent chacune une tendance de l’architecture passéiste.

 

Jeudi 22 avril 2021 (17 h 30)

« La basilique Saint-Donatien de Nantes »,

par Jacques DABRETEAU et Stéphane HAUGOMMARD

L'incendie du 15 juin 2015 a dramatiquement placé la basilique Saint‑Donatien et Saint‑Rogatien au cœur de l'actualité. Cette conférence se propose de rappeler l'histoire de cette église et de son site, qui déroule sa trame depuis les premiers temps du christianisme à Nantes, puis de présenter l'architecture, le décor et le mobilier de l'édifice actuel, reconstruit à la fin du XIXe siècle. La restauration en cours sera également évoquée, à travers des photographies prises sur le chantier par Jean-Félix Fayolle.

 

Jeudi 27 mai 2021 (17 h 30)

« Le souvenir de Napoléon en Loire-Inférieure, 1821-1870 »,

par Jean-François CARAËS,

président d’honneur de la Société archéologique

et historique de Nantes et de Loire-Atlantique.

Alors que Nantes accueille l’empereur en grandes pompes en 1808, la ville se réveille royaliste sept ans plus tard à la chute de l’Empire. En 1821, la mort de Napoléon semble lever un tabou et la légende de Sainte-Hélène commence à percer dans un département acquis à la Restauration. Avec la Monarchie de Juillet, le souvenir glorifié de l’Empire sort au grand jour et Nantes n’échappe pas à ce mouvement national encouragé par le régime. Une fois Napoléon III installé sur le trône, le culte de Napoléon Ier devient une composante incontournable de la société française. La défaite de 1870 ne gomme pas complètement l’engouement d’une partie de la population pour l’empereur et le bonapartisme.
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